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Nom du blog :
clems47
Description du blog :
"Un homme dans notre établissement ?!?"
Catégorie :
Blog Santé
Date de création :
10.09.2007
Dernière mise à jour :
02.01.2008

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Premier tour de garde...

Premier tour de garde...

Publié le 02/01/2008 à 12:00 par clems47
Mardi 4 septembre 2007, il est 7h55. J'entre dans le hall de cet hôpital d'aspect fort sympathique et me dirige, comme on me l'avait indiqué quelques jours avant par téléphone, vers le bloc des accouchements à l'étage GO (Gynécologie et Obstétrique). La salle d'attente est déjà pleine et dans le service, le personnel a l'air déjà bien en forme. On m'invite à me changer, je m'exécute. A 8h pile, suivant une charmante élève de 2e année à l’ESF (Ecole de sages-femmes), j’assiste à ma première consultation. Gestes habituels, pose de monito pour étudier le rythme cardiaque du bébé et les contractions, et une série de questions dont les réponses sont minutieusement notées sur le dossier médical de la patiente. En fait, les sages-femmes sont dans plusieurs services dans cet hôpital. Il y en a bien sûr aux urgences, il y en a à la maternité (soins des premiers jours, suivi prénatal…) et il y en a dans ce qu’on appelle « le bloc ». Il ne s’y fait que du suivi de fin de grossesse et les patientes arrivent souvent à leur rendez-vous de 8h en se préparant à l’éventualité d’accoucher dans les heures qui suivent. C’est ce qui arrivât à deux d’entre elles… « Madame, votre protidémie n’est pas satisfaisante, nous préférons vous déclencher pour être sûr que le bébé n’en pâtisse pas », ou « Madame, il est temps de le faire sortir », tout simplement.
Jusque là, tout me semblait intéressant. Le contact avec les patientes était très chaleureux, les gestes assez répétitifs mais ô combien utiles et j’étais fasciné par le nombre d’informations que l’on pouvait trouver dans un dossier médical… C’est fou la minutie dont les sages-femmes font preuve. Mais il y a un cas dont je ne vous ai pas encore parlé : une dame de 36 ans (qui en faisait au moins 15 de plus) était arrivée à 4h30 du matin et attendait en salle d’accouchement que son 5e enfant daigne montrer le bout de son nez. Malheureusement, on avait beau l’examiner (c'est-à-dire évaluer le taux d’ouverture de son col utérin), le travail ne se faisait pas très rapidement et elle commençait à trouver ça sérieusement désagréable. Il me faut, pour que vous compreniez bien mon état à ce moment de la journée, que je vous la décrive… Imaginez une petite flamande brune, cheveux courts, bien en chaire avec des bourrelets un peu partout et qui, pour bien finir le tableau, avait sous le nez et au bout du menton quelques pousses négligées. Eh bien cette gentille dame, sur le coup de 10h, alors que nous passions prendre de ses nouvelles, décidât qu’elle en avait assez est s’est mise à pousser de toutes ses forces. Pendant que l’élève usait toute sa salive pour lui faire entendre raison (son col n’était pas prêt et elle se ferait très mal si elle continuait de pousser), la sage-femme soulevât le drap et nous regardât d’un regard toujours encré dans ma mémoire… Il signifiait tellement de choses à la fois ! Puis tout se passât très vite. Pendant que l’élève installait les portes-jambes, la sage-femme commençait l’accouchement à mains nues : la tête du bébé était déjà sortie ! Le corps s’en suivit tel un boulet de canon et une grande vague de sang et de liquide amniotique lui succédât recouvrant une bonne partie de la sage-femme qui n’avait évidemment pas eu le temps d’enfiler la blouse stérile d’usage. Le placenta sorti très vite et en l’espace de trois minutes, la salle d’accouchement était devenue une mare. Je vous avoue que j’ai eu beaucoup de mal à trouver ça beau et qu’une quantité de questions passaient dans ma tête à une vitesse folle. J’observais cette scène que je trouvais surtout répugnante sans trop savoir quoi faire ni penser. Le seul moment que j’ai trouvé beau fut les premiers soins faits au bébé quelques minutes plus tard. Car il a fallu avant ça recoudre madame qui s’était, effectivement, déchiré généreusement vous-savez-quoi. Je me suis permis quelques minutes pour prendre l’air juste après que cette grosse dame m’ait dit « c’était votre premier accouchement ? Je l’ai vu à votre tête… ».
Voilà à quoi ressemblait cette toute première expérience que j’avais tant imaginé auparavant ! On peut dire que j’ai été servi.
Les consultations continuaient toujours, j’ai assisté à deux amniocentèses (prélever un peu de liquide amniotique pour l’analyser et vérifier que tout se passe bien) et une pose de péridurale (large anesthésie du bassin qui permet à la maman de ne pas trop souffrir pendant l’accouchement) faite par un médecin froid, désagréable et très incompétent. La preuve, après s’y être pris à deux fois pour faire sa piqûre, il s’est avéré que cette péridurale ne faisait pas d’effet car la maman a bien senti son rejeton passer… Le deuxième accouchement auquel j’ai assisté s’est relativement bien passé, beaucoup plus propre en tout cas ! C’était une quatrième pare (4e enfant) mais la première pour le papa. J’ai juste été assez déçu lorsque la maman, une fois l’accouchement terminé nous demandât « Pourriez pô l’mett din son bôc là-bô ? Faut qu’j’passe un coup d’fil ». Quand on sait à quel point les premiers contacts entre la mère et l’enfant sont importants durant les heures qui suivent l’accouchement, on se dit que vraiment, certains n’ont pas de chance de naître là où ils naissent... Seul le père avait l’air heureux !
Quant au troisième accouchement de la journée, il concernait une jeune femme de 21 ans que nous avions déclenchée le matin, attendant son premier enfant (elle avait déjà fait une fausse couche). L’accouchement durât 20 minutes, ce qui est relativement peu pour une première pare. Elle s’est vraiment montrée conrageuse.
J’ai failli voir le quatrième (le deuxième déclenchement à cause de la protidémie) mais à 20h, j’étais bien content de rentrer. 12h de garde, ça passe vite en journée mais c’est extrêmement fatiguant. Les pauses sont rares voire inexistantes, les repas se prennent vite et parfois en plusieurs fois mais quand on y réfléchit bien… Qu’est-ce que c’est beau !

Ma garde de nuit fût beaucoup plus calme le jeudi soir suivant. On a commencé par un accouchement vers 20h30 d’une dame qui attendait son premier et qui travaillait depuis 9h30 le matin. Ce fut le plus bel accouchement que j’aie vu jusqu’à maintenant. Les jeunes parents étaient très émus, angoissés et rendaient chaque instant inoubliable pour eux. Je n’oublierai pas les premières phrases qu’ils dirent à leur petit Théophile lors de ses premières minutes de vie. Pendant les premiers soins, ils ne cessaient de poser des questions et on sentait qu’ils avaient lu des tonnes de revues pour parents durant la grossesse. Vraiment un souvenir génial.
Pendant ce temps-là, une autre dame était en observation attendant une césarienne prévue pour le lendemain matin, le médecin préférant dormir… Vers minuit, nous sommes allés rejoindre l’équipe du service d’à côté pour boire et manger. L’ambiance était vraiment très sympa. De temps en temps, une maman appelait pour demander conseil ou pour qu’on l’aide à rendormir son bébé. A 2h30 environ, notre service n’étant occupé que par une seule patiente qui dormait profondément, nous avons décidé de nous reposer. La première consultation de la journée eût lieu à 5h, une dame qui avait des contractions et qui est restée, et une autre à 6h30 pour la même chose mais qui est repartie avec une ordonnance car elle était bien trop loin de son terme. Bref, une nuit plus calme qui m’a permis de discuter à souhait avec le personnel et aussi de poser mon premier monito !